Des actualités personnelles sous un style impersonnel, et inversement.
On dit souvent qu'un père ne réalise pas qu'il l'est tant qu'il ne tient pas son bébé dans ses bras. Je crois bien que c'est vrai.
Elsa est venue au monde en mai. Elle existait avant mais tant qu'elle était dans le ventre de sa maman avant, cela restait mystérieux. Nous n'étions toujours que deux.
Et puis ses cheveux sont apparus, et quelques secondes plus tard nous étions trois. Comme si cela avait toujours été le cas.
Et j'ai appris. À lui donner à manger, à la faire dormir. Et surtout, à penser à elle avant de penser à moi. C'est fou comment tout ce que je croyais d'important avant de la connaître ne l'était finalement pas. Les heures passées à coder des petites applications, à faire je ne sais quoi, ... Je ne crois pas qu'on n'a plus de temps libre une fois qu'on a un enfant ; je commence plutôt à croire que je ne vivais pas pleinement avant. Ce n'est pas mon ordinateur qui me lance des sourires espiègles à me faire fondre.
Mon souvenir le plus fort à ce jour : c'est Noël, des amis sont à la maison. On se bouscule pour la porter. Elle n'a jamais vu autant de gens, elle pleure. Je la prends, on s'éloigne. Je lui murmure à l'oreille que je suis là. Elle s'arrête de pleurer, regarde le monde au loin, et découvre à la fois son instinct grégaire, son moi, et le fait qu'elle peut compter sur son père.
Elle se découvre, me découvre, je la découvre, je me découvre. Je suis un papa comblé.